Jeanne-Marie Prost, présidente de l’Observatoire des délais de paiement et co-présidente du jury des Prix des délais de paiement: « Le prix des délais de paiement vient montrer que l’on peut être une entreprise de toute taille, dans n’importe quel secteur, et avoir de bonnes pratiques qui permettent le respect des délais de paiement.  Ce qui est important, c’est l’idée que l’on peut s’améliorer, parce-que nous voulons faire de la pédagogie avec les Prix des délais de paiement.  Je me réjouis aussi que cette année le prix soit accueilli par le Medef, au Medef et à la CPME. C’est un signe que les organisations des entreprises se mobilisent davantage.« 

« Nous avons fait ds progrès, mais nous devons encore progresser, nous sommes encore à plus de dix jours de retard en moyenne sur le total de l’économie française. C’est encore beaucoup trop, il ne faut absolument pas relâcher la pression. La pression, elle vient notamment de la politique de sanction qui est conduite par la DGCCRF et qui a été renforcée. Vous n’êtes pas sans savoir, qu’avec le niveau des amendes maintenant, nous pouvons aller jusqu’à deux millions d’euros, donc ce sont des signaux forts. La deuxième chose qui me parait très importante, et que nous avons noté dans le rapport 2017, c’est la grosse préoccupation s’agissant des grandes entreprises, où là il n’y a pas d’améliorations, il n’y en a pas eu les dernières années, cela s’est même plutôt détérioré. 

« Il faut améliorer les articulations entre les différents services, par exemple, entre les services facturier, les achats, la direction financière. Souvent, ces démarches impliquent un vrai travail à l’intérieur de l’entreprise. Car, si chacun est dans son silo, à la fin, c’est le fournisseur qui trinque. »

« Les deux choses importantes, c’est tout d’abord, d’appliquer les sanctions, de manière très nette, et de communiquer sur ces sanctions. C’est pourquoi la ministre Gény-Stephann a beaucoup insisté sur le renforcement du Name & shame, qui existe, mais qui doit être encore plus porté. La loi ne peut pas tout, il faut que les comportements évoluent, et ça, c’est dans les entreprises que cela doit se passer. »

« Je voudrais encourager les entreprises à concourir pour le prix, car je crois qu’il est important qu’elles-mêmes, montrent ce qu’elles font de positif, car c’est parfois quelque-chose que l’on sous-estime dans l’impact que cela a sur l’image des entreprises pour le public, pour les politiques… C’est quelque-chose à ne pas négliger. »

 

Jeanne-Marie Prost, présidente de l’Observatoire des délais de paiement

Nommée, en conseil des ministres du 24 juin 2015, à la tête de la Délégation Nationale à la Lutte contre la Fraude (DNLF). Elle a débuté sa carrière à la direction du Trésor puis occupé divers postes de premier plan dans le secteur privé (à France Télévisions et au sein du groupe de communication financière Brunswick) avant de rejoindre la Médiation nationale du crédit en 2009, dont elle a pris la direction en janvier 2013. Elle succède à Benoît Parlos, administrateur civil, qui a dirigé la Délégation depuis sa création en 2008. Structure de coordination des services de lutte antifraude, la DNLF, placée auprès du ministre des Finances, est composée d’une petite équipe de cadres de haut niveau.